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27.08.2007

Constructions

Vu ce week-end à Paris la très belle exposition Rodtchenko au Musée d'Art Moderne. En particulier des collages et des mises en page fabuleuses, et aussi des photos de bâtiments pris sous tous les angles. Du coup, rentré à Thionville, je fais un essai avec la tour "Concorde" qui se prête bien à l'excercice.

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Puis je trouve dans mes mails cette photo noir et blanc très "constructiviste russe" prise par Creff (merci à lui !).

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19.08.2007

A l'horizon de Shangri-La - Sophie Calle

A Thionville cet été, on dit merde à l'art élitiste en exposant à la galerie In Vitro des artistes amateurs locaux, et ceci dans l'indifférence générale. Ca s'appelle "Les ateliers d'été" et il y a un artiste différent chaque semaine. Les autres années, tous les exposants étaient regroupés au Casino Municipal. C'est gentil pour eux, mais est-ce bon pour l'image et la notoriété de cette salle d'exposition ?

Idem à Yutz où la toute nouvelle salle d'exposition dans la "Maison des Bains" (un joli bâtiment à colombages entièrement restauré) choisit une direction artistique peu ambitieuse (pour ne pas dire qu'il y est parfois exposé ce que l'on nomme communément des "croûtes"). La fois où j'y suis passé, la visite m'a pris environ une minute trente !

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 La Maison des Bains

 

Pendant ce temps, au FRAC de Metz et aux Rotondes de Luxembourg, on nous présente de l'art contemporain hyper-conceptuel qui semble à 10000 lieux des aspirations du commun des mortels.

Du coup, entre ces deux extrêmes, que choisir ? Heureusement, on n'est pas obligé de se prononcer. Et on serait tenté de n'en choisir aucun. D'autant que je suis resté profondément sceptique devant certaines oeuvres présentées dans l'exposition sur le thème de l'Asie "A l'horizon de Shangri-La" au FRAC de Metz. Par exemple les 4 luminaires néon en forme de caractères chinois de Su-Mei Tse qui représentent les 4 points cardinaux, ça ne m'a pas plus parlé que lorsque je les avais vu au Casino de Luxembourg l'année dernière. Heureusement, il y a quelques installations plus intéressantes, où on peut prendre le temps de saisir les intentions de l'artiste, regarder les vidéos ou lire les textes. La coréenne Kimsooja dans "A Needle Woman" se filme de dos, immobile, face à des foules en mouvement dans diverses villes du monde. On voit la réaction des gens, les différences entre les villes (à Pékin les gens rigolent, viennent se planter devant elle, à New-York ils sont indifférents et contournent l'obstacle). 

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Mais on n'est pas là non plus pour trouver ça intéressant, marrant, sympa. Le but est d'interpeller, de choquer, de montrer, de faire réfléchir (étrange comme la notion de beauté est soudainement absente, alors qu'on parle d'art - mais là je rentre dans un domaine que je ne maîtrise absolument pas !) Et le plus souvent dans cette exposition, les aspirations des artistes nous paraissent bien lointaines.

Ce n'est pas le cas pour Sophie Calle, puisqu'elle parle tout au long de son installation d'une rupture amoureuse. Là du coup, on peut tout de suite s'identifier. Le travail de Sophie Calle consiste à s'exposer elle-même, sa vie, ses sentiments, puis à demander à des gens de réagir par rapport à ça. C'est de l'ordre du journal intime, mais présenté avec des photos, des lettres, des textes. L'exposition présentée dans le cadre de Luxembourg 2007 à La Rotonde 1 "Douleur exquise" bénéficie ici d'une nouvelle "version" avec une mise en scène réalisée par l'architecte Frank Gehry.

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On passe une bonne heure et demie à décortiquer l'histoire de Sophie Calle (un voyage, la rupture, puis son analyse) dans une atmosphère religieuse, un peu comme si on était en train de lire un roman. Et à la fin, ayant un peu mis de côté son histoire à elle, on a soudainement envie de répondre à la question qu'elle a posé à de nombreuses personnes et dont on vient de lire les réponses : "quelle a été votre plus grande douleur ?".

 

"Les ateliers d'été" - Espace InVitro, rue du Vieux Collège, Thionville - du lundi au dimanche de 14h à 18h - Entrée gratuite.

"A l'horizon de Shangri-La" - FRAC Lorraine, 1bis rue des Trinitaires, Metz - jusqu'au 16 septembre. Entrée gratuite.

Sophie Calle : "Douleur Exquise" - Site des Rotondes - Luxembourg-Ville - exposition prolongée jusqu'au 30 septembre - du mardi au dimanche de 11h à 19h (21h le jeudi) - Entrée 6€ - gratuit le premier dimanche du mois.

16.08.2007

Le MUDAM

Je suis allé pour la première fois cet été au nouveau MUsée D'Art Moderne de Luxembourg (MUDAM) qui a ouvert ses portes il y a un peu plus d'un an. Dès l'année prochaine, soyons chauvin, nous aurons à Metz le Centre Pompidou, qui bénéficiera dès son ouverture de l'aura de son ainé parisien, ainsi que de ses fantastiques collections. A Luxembourg, tout reste à faire. Donc pas de collection permanente ici. Mais déjà un joli bâtiment, espèce de cathédrale de verre et de pierre qui a la particularité d'être construit au coeur des ruines d'une ancienne citadelle. Enormément d'espace et de lumière à l'intérieur, rien que pour ça, on peut faire le déplacement. Ca se trouve au bord du plateau du Kirchberg, près du aussi tout neuf bâtiment de la Philarmonie, dans ce quartier "européen" bétonné que je trouve assez horrible (ici on ne se ballade pas à pied). 

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A l'intérieur, tout ce qu'il faut pour votre confort, ici on ne lésine pas sur les moyens - et l'entrée pour l'ensemble du musée n'est que de 5 euros, ce qui me parait assez raisonnable. Mobilier design, bar restaurant chic où l'on mange très bien, boutique où l'on a envie de tout acheter, ... Donc on peut prévoir d'y rester une bonne partie de la journée, d'autant que la grande exposition du moment "Tomorrow Now - When design meets science-fiction" (jusqu'au 24 septembre) peut vous prendre plusieurs heures.

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On commence dès le hall d'entrée par cet impressionnant vaisseau futuriste (ci-dessus) qui est sensé représenter la maison de demain ("Futuro Home" de Matti Suuronen - 1968). On est ici dans le domaine de la science-fiction des années 30 à nos jours, avec toutes les représentations possibles : objets de la vie courante, meubles, revues, BD, films, jouets, oeuvres d'art et imaginations en tous genres. Un amoncellement donc, réparti dans de nombreuses salles sur les trois niveaux du musée - il y en a pour tous les goûts. Moi j'adore les petits robots ! 

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Après tout cela, difficile de se concentrer sur l'exposition de photos d'Edward Steichen (1879-1973) "Bloom" (jusqu'au 3 septembre). Photographe américain (mais d'origine luxembourgeoise !), Steichen est aussi connu pour l'exposition "Family of man" dont je parlais ici. Sont présentés ici ses travaux couleurs - expérimentations, photos pour des magazines, ... Sympatique, mais sans plus.

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Edward Steichen : "Heavy Lilies" (1935)

 

Voilà pour le MUDAM qui est une belle réussite - si ce n'est cette typographie arty mais horripilante (parce qu'on arrive pas à la lire) qui est utilisée partout pour vous guider dans le musée - heureusement il y a la traduction à côté. Petit guide pour vous exercer :

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14.08.2007

Persepolis

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Chouette idée de Marjane SATRAPI que d'adapter sa BD "Persepolis" en dessin animé, vu que la BD est géniale. Ca parle de son enfance, de son adolescence en Iran, sous le Shah, puis sous Khomeini, de son déracinement quand elle part pour l'Europe ... Le dessin est beau, un peu moins minimaliste que dans le livre. C'est extrèmement bien fait, pas étonnant que le film ait eu le prix du jury à Cannes.

Le problème, c'est que j'avais lu la BD, il y a longtemps certes, et le film en est un peu la copie conforme. C'est pas un reproche, mais ça m'a un peu gâché le plaisir. A vous de choisir, je pense que c'est le film ou la BD, mais pas les deux !

13.08.2007

Dimanche (4)

Se retrouver le dimanche après-midi dans un jardin public, c'est pour moi vraiment cafard (le stade ultime de la déprime dominicale consistant peut-être à s'avachir sur son canapé en regardant Vidéo Gag). Vous voilà donc au milieu des enfants qui braillent, des familles qui se promènent lentement en digérant le (trop) lourd repas du dimanche midi, et vous vous dites que demain matin il faut se lever pour aller bosser, moi ça me fout le bourdon.

Donc aller voir un concert le dimanche après-midi au Parc Wilson à Thionville, c'est pas trop mon truc. Et puis on m'a dit qu'il y avait du monde, que le groupe de jazz de la semaine dernière était pas mal. Ce dimanche, il y avait un orchestre d'accordéon,  je me suis laissé tenter.

Il y avait du monde, effectivement, moyenne d'âge 60 ans, en habits du dimanche, un peu normal vu le type de musique annoncée. L'Orchestre d'Accordéon Jerny Dolanc est un groupe de musette, mais il joue tout sauf du musette. Sûrement pas assez bien pour eux. Moi j'aurais préféré (et le public aussi sûrement) car ce qu'ils font ne ressemble finalement pas à grand chose. Pas de bol. Je me suis vite éclipsé. Le dimanche, c'est nul.

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12.08.2007

2 days in Paris

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"2 Days in Paris", de et avec Julie Delpy, est un des films dont on a beaucoup parlé cet été (il sera à l'affiche de La Scala à partir du 22 août). Je suis allé le voir car j'avais adoré il y a deux ans "Before Sunset" avec Julie Delpy et Ethan hawke, et parce que la trame est un peu semblable : un couple dans Paris sur une courte période, qui passe beaucoup de temps à parler.

Il s'agit ici d'une francaise exilée à New-York qui vient à Paris avec son petit ami américain, lui fait rencontrer sa famille, ses amis. C'est assez amusant,  Adam Goldberg est excellent en personnage hypocondriaque à la Woody Allen. Mais là où "Before sunset" était un film fin et léger, "2 days in Paris" se révèle par moments bien indigeste : vulgarités, "pétages de plomb", ... On n'échappe pas aux poncifs sur "la gouaille du parisien", "la beaufitude de l'américain en Europe", "le racisme des chauffeurs de taxis", ...  Julie Delpy semble bien s'amuser à dépeindre son petit monde, mais on finit par décrocher. 

07.08.2007

So Foot (et Jacques Tati)

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La dernière fois que j'ai acheté une revue de foot, je devais avoir 12 ans, ça fait une paye !  So Foot, c'est une revue de foot un peu spéciale, avec une vision iconoclaste et irrévérencieuse du monde du football. Il y a même dans ce numéro des interviews de réalisateurs de cinéma argentins, d'un metteur en scène de théâtre italien, ou de groupes de musique ... Mais toujours pour parler football, si possible de manière intelligente. Mais si j'ai acheté leur numéro d'été*, c'est parce qu'il propose en supplément un DVD de Jacques Tati inédit : "Forza Bastia".

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Ca se passe en 1978, le club de Bastia a atteint contre toute attente la finale de la coupe de l'UEFA. A l'occasion du match aller contre les hollandais du PSV Eindhoven qui se joue à Bastia, on demande à Jacques Tati de venir filmer les coulisses de l'événement. Quelques heures de rushes qui ne seront jamais montrées, mais qui viennent d'être exhumées et montées par la fille du réalisateur en un petit film de 26 minutes. Il n'y a aucun commentaire. La ville est en pleine ébullition, on se prépare pour l'événement. Puis un gros orage vient inonder le terrain, on se demande si le match va se jouer. Puis les joueurs rentrent sur la pelouse détrempée. Les supportés de Furiani sont déchaînés, mais la fête est gâchée. Score final 0-0. Les bastiais perdront 3-0 lors du match retour en Hollande.

Tati saisit l'excitation d'avant-match puis le drame qui se joue dans le stade avec sa malice habituelle et un brin de poésie, se contentant d'observer, comme pour un numéro de l'émission "Streap Tease". Anecdotique et indispensable !

 

* Le numéro 46 de So Foot est en vente 2€90 sans le DVD et 5€95 avec, mais il semblerait qu'il soit assez difficile de le trouver avec le DVD - j'ai trouvé le mien à la gare de Thionville.

05.08.2007

Konono n°1

C'est l'été, et comme je le disais il n'y a pas grand chose à faire dans la région, mais un peu plus que d'habitude avec l'année culturelle Luxembourg 2007. La preuve avec ce concert des congolais de KONONO N°1 le 27 juillet dernier. Cela avait lieu à EXIT 07 qui est le bar situé sur le site des rotondes, juste derrière la gare de Luxembourg. C'est une salle relativement petite, mais qui peut accueillir des concerts et des soirées. L'ambiance y est plutôt détendue et la programmation assez sympa. Voià un endroit qui mériterait de survivre à l'année culturelle (http://www.exit07.org/).

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Moi, j'étais bien content quand j'ai appris le passage de Konono numéro 1, d'abord parce que c'est un des trucs les plus exitants que j'ai écouté ces dernières années, et puis parce que c'était un peu inespéré qu'il passe dans le coin. Les Konono n°1 viennent de la banlieue de Kinshaha, mégapole instable, capitale d'un des pays les plus pauvres du monde (République du Congo), et les voir jouer à Luxembourg, pays le plus riche du monde, ça fait un peu rencontre des extrêmes ! Ils font une musique traditionnelle, très rythmique, mais en l'électrifiant, ce qui donne quelque chose d'assez étrange, une espèce de musique de transe avec des sons bizzares qui sortent de leurs instruments fabriqués avec des matériaux de récupération (comme les fameux likembés, faits avec des tiges de métal que l'on tape avec les pouces). Ils se sont fait connaitre grâce au label belge Crammed Records et les compilations CONGOTRONICS et ont depuis acquis une certaine notoriété qui les a amenés à jouer un peu partout dans le monde. Ils ont même participé au dernier album de Björk, ce qui n'est pas rien.

En concert, les Konono ne paient pas de mine, n'ont pas de look, ils y en a qui sont très jeunes, d'autres assez vieux. Il n'y a que le meneur qui communique un peu avec le public : "C'est parti !". Leur musique est entêtante, enivrante, hypnotique, les musiciens ne s'arrêtent jamais, on se retrouve petit à petit pris dans le rythme, comme si on était dans une rave. Ca faisait longtemps que je n'avais pas dansé autant à un concert (oui, oui, vous avez bien lu!), je suis ressorti en nage, mais heureux !

Un petit apercu de Konono n°1 trouvé sur YouTube :

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