« 2008-03 | Page d'accueil | 2008-03 »

11.03.2008

Balade électorale sur le marché - et sur le web (6)

Contrairement à ce que je pensais, la campagne électorale n'était pas close ce samedi 8 mars, veille du premier tour, mais il y avait bien peu d'animation sur le marché, juste quelques candidats aux élections cantonales. Samedi prochain, ce devrait être un peu plus chaud, vu ce qui s'est passé dimanche.

Eh oui, il y aura un deuxième tour pour ces élections municipales à Thionville, c'est la surprise du chef. La liste de Mr Demange a été victime (entre autres) de sa non-campagne, sûrs qu'ils étaient d'être réélus dès le premier tour. Les voici donc obligés d'aller battre le pavé tout au long de la semaine. Et du coté de "Thionville pour tous", on se sent pousser des ailes - il y aura même Mme Royal demain pour soutenir Bertrand Mertz à la Côte des Roses ! Qui arrivera le mieux à mobiliser ?

Du côté des cantonales pour Thionville-Est, Harold LABESSE, soutenu par le maire, (et qui a fait campagne, lui) a gagné son pari en dépassant largement le candidat officiel de l'UMP, le conseiller sortant Maurice GRUNWALD. Celui-ci la joue plutôt mauvais perdant, publiant une note amère sur son blog de campagne. Il n'appelle donc pas à voter pour son ex-challenger. La socialiste Isabelle RAUCH profite de cette primaire à droite pour prendre la première place de peu devant Harold LABESSE (un peu plus de 35 % chacun). Marie GRONIER du PC est à 6,8 %. Catherine BAILLOT du Modem avec 11% ne donne pas non plus de consigne de vote, mais continue de critiquer vertement l'attitude du maire. Tout cela fait un peu "Tout sauf Demange". Le deuxième tour entre les deux jeunes candidats devrait donc aussi être disputé.

A propos de la politique culturelle, Bertrand Mertz y revient dans le dernier billet publié sur son blog. Il dit apprécier la programmation de l'Adagio et du CDTL (pareil pour moi) et du Théâtre Municipal (bof moyen !). 

Et puis voilà que je dois annoncer pour la deuxième fois la mort du site DemangeLand du turbulent Mehrlicht - il aurait été poussé dans les escaliers (le site, pas Mehrlicht !), mais on ne connait pas encore le coupable. Du coup, je le remplace dans mes liens par un autre site, différent mais tout aussi virulent : Thionville-Vérité.com.

Je suis tombé

Beau challenge que s'était donné Laurent Gutmann pour sa nouvelle création au Centre Dramatique Thionville Lorraine : faire une adaptation du roman culte de Malcom Lowry "Au dessous du volcan". Cette oeuvre dense, foisonnante, hallucinée, où il ne se passe finalement pas grand chose (la trame se déroule sur une douzaine d'heures) ne semblait pas se prêter à un tel travail (même si un film, relativement moyen, en a été tiré).

Pourtant, le pari est plutôt réussi. On retrouve sur scène l'ambiance particulière du livre. Ces occidentaux échoués au Mexique, perdus, déchus, essayant de se rattraper à de faux espoirs de renouveau pour ensuite mieux se déchirer et se retrouver face à leur propre impuissance. Le tout copieusement arrosé d'alcool (plutôt triste) - et en ce jour bien particulier au Mexique de la fête des morts. Les personnages sont bien rendus (j'adore en particulier le cinéaste Jacques Laruelle - tel que je l'imaginais). Le plus dur a été de placer dans un décor unique les principaux événements du livre qui se déroule dans une multitude d'endroits (y compris un voyage en bus). Mais là aussi, on peut dire que l'essentiel a été conservé.

1297513026.jpg

photo : Pierre Grobois

Alors maintenant qu'on a retrouvé l'âme du livre, que peut-on dire de la pièce en elle-même (par exemple pour quelqu'un qui n'aurait pas lu le livre) ? Le début est plutôt détendu, on rit même un peu, et puis on s'enfonce petit à petit dans le cruel et la déchéance. Il y a des allusions comme dans le livre à la situation politique (ça se passe au moment de la guerre d'Espagne), réflexions qui restent souvent très actuelles (avec même des petits clins d'oeil). Les personnages mexicains (joués par des acteurs mexicains) viennent ajouter au malaise en soufflant le chaud et le froid. Le drame qui se noue avec lenteur, avec la chaleur, l'alcool, le décor, les costumes, cela me fait penser aux films américains tirés des pièces de Tenessee Williams (genre "La Chatte sur un toit brûlant" ou "Baby Doll"). On passe un bon moment, les acteurs sont excellents, et le public du Théâtre en Bois a visiblement apprécié.

Au Théatre en Bois jusqu'au vendredi 14 mars. http://www.cdtl.fr/