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17.03.2008
Balade électorale sur le marché - et sur le web (épilogue)
Pour la cantonale de Thionville-Est qui m’avait plus intéressé ici, c’est Isabelle Rauch qui l’emporte sur un terrain très difficile pour la gauche face au directeur de cabinet et dauphin de Mr Demange, Harold Labesse. Tous deux pour leur première campagne en solo avaient fait un gros travail de proximité, mais les divisions à droite au premier tour et un mauvais report de voix ont nuit à Mr Labesse – à qui la faute ?
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Il a dû s’en poser des questions, Mr Demange au cours de cette semaine. Comment lui qui considérait avoir fait du bon travail n’était pas réélu au premier tour, alors que son ami Mr Weiten l’était avec plus de 80 % des voix à Yutz, que son ex-ami, Mr Luxembourger l’était avec plus de 70% à Terville (une ville qui vote à gauche aux élections nationales) ? Il est vrai qu’à Yutz l’opposition était quasi-inexistante et que le cas de Terville est un peu particulier. Mais Thionville a voté majoritairement pour Nicolas Sarkosy aux présidentielles, et Mr Demange a été réélu député confortablement il y a quelques mois contre Bertrand Mertz. Alors que s’est-il passé ?
Au soir du premier tour, Jean-Marie Demange expliquait à la télévision que les électeurs de droite ne s’étaient pas assez mobilisés, sûrs qu’ils étaient de la victoire. Mais les résultats du second tour lui ont donné tort. Il a aussi dénigré un front « Tous sauf Demange » mais s’est-il vraiment demandé pourquoi un tel front s’était créé, en particulier chez ses anciens amis. Enfin il a voulu rattraper sa non-campagne en quelques jours, mais il a eu beau serré des milliers de mains dans la semaine d’entre-deux tours, la mécanique était enrayée.
Car le paradoxe de cette élection perdue, c’est que Jean-Marie Demange avait fait sa réputation de bon maire sur l’image et le vernis qu’il avait su redonner à la ville (les rues piétonnes, Thionville-Lumières, … - Bertrand Mertz lui a d’ailleurs assez reproché de ne favoriser que cela). Et c’est sur une question d’image qu’il perd cette élection, car il ne s’est pas rendu compte que lui qui était perçu comme un homme sûr de lui et des ses décisions s’est petit à petit transformé aux yeux de beaucoup de thionvillois en un homme arrogant et sourd aux demandes de ses concitoyens (il ne cachait pas d’ailleurs son mépris vis-à-vis de ses opposants et de ses ex-amis). Pour ma part, je n’oublierai jamais son attitude lors de l’affaire de La Scala où toute discussion avait été impossible. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase a peut-être été ce parachutage de son directeur de cabinet comme candidat aux cantonales face au sortant présenté par l’UMP. Comme s’il se considérait le maître de la ville. Et il aura beau accuser ce dimanche soir une poussée de la gauche au niveau national, ce n’est pas cela qui l’a fait passer de 65% en 2001 à 48% aujourd’hui.
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Je n’oublie pas bien sûr dans cette élection la grosse campagne faite par la liste « Thionville pour Tous », avec un travail de proximité intense pour expliquer leur projet et une équipe qui a paru soudée et motivée. C’est une belle victoire, car personne ne les donnait gagnant il y a quelques semaines. Les choses devraient maintenant changer à Thionville, au moins dans la méthode dans un premier temps. Rien que pendant la semaine d’entre les deux tours, on a senti que quelque chose se passait, que l’on commençait à parler ouvertement, comme si la chape de plomb qui recouvrait la ville était en train de fondre. Bertrand Mertz et son équipe ont maintenant beaucoup de pain sur la planche – la tâche sera ardue et je leur souhaite plein de réussite.
Côté culture également, il devrait y avoir du changement. Les moyens étaient là, mais la volonté de l’ancienne municipalité de tout vouloir contrôler avait fini par rendre le paysage culturel sclérosé – aucune surprise, aucune innovation possible. Le fait que le créateur du Boulibatsch Festival, qui avait tenté une timide sortie hors des sentiers battus, couronnée de succés mais avec toutes les difficultés du monde, fasse partie de la liste de Bertrand Mertz est en soi tout un symbole. A suivre.
Les sites web qui ont vu le jour lors de cette campagne vont maintenant disparaître (au moins de ma colonne gauche !). J’espère juste que Mr Mertz et Mme Rauch continueront d’alimenter leurs blogs respectifs – comme je l’ai déjà dit, je trouve cela très utile pour la démocratie et ils devraient avoir plein de choses à raconter.
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Pour ma part je vais arrêter ma parenthèse « chroniques politiques vues du petit bout de la lorgnette ». J’avais commencé parce que ça m’intéressait et je trouvais ça assez amusant au début. Mon but, avant de prendre parti, même si on peut sentir une certaine préférence dans mes propos, était avant tout que l’on s’intéresse à cette campagne. Et puis très vite je me suis demandé si j’avais bien fait de m’aventurer sur ce terrain glissant. Tout de suite on essaie plus ou moins intelligemment de vous récupérer, il y en qui vous reprochent d’en faire trop, d’autre de ne pas en faire assez. Et puis comme j’avais commencé, j’ai bien été obligé de continuer ! Finalement cela s’est plutôt bien passé mais je suis content que cela finisse ! (Merci à tous pour les commentaires – moi qui me plains toujours de ne pas avoir de commentaires). Je vais donc maintenant retourner à mes sujets habituels et essayer de continuer à partager mes coups de cœur – et mes coups de gueule.
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