27.09.2008

Les lendemains n'ont pas chanté - Philippe Berry

Balade à Metz samedi dernier pour des expositions sur fond de Journées du Patrimoine - Il y avait donc plus de monde que d'habitude et un mélange un peu particulier entre ceux qui avaient un oeil sur les oeuvres exposées, et ceux qui étaient venus pour les murs les accueillant.

len.jpgD'abord le FRAC, situé dans un très beau bâtiment du moyen-âge, l'hôtel St-Livier. Comme c'est journée du Patrimoine, on nous distribue un petit livret où Thierry Hesse raconte le lieu en 49 petits chapitres. Comme d'habitude, on est très bien accueilli, c'est calme, on peut prendre son temps. Le thème de l'exposition "Les lendemains n'ont pas chanté" tourne autour des monuments commémoratifs, et les artistes lituaniens qui sont invités ont pas mal de choses à dire. Dans leur pays, on a déboulonner après la chute de l'URSS tous les monuments à la gloire des Soviets (certains ont même été regroupés dans un pseudo-parc à thème). Les oeuvres présentées ne sont pas toujours très accessibles, mais l'ensemble a une certaine cohésion et le visiteur n'est pas laissé sans repères (cela m'a toujours un peu gêné qu'il soit nécessaire de donner des explications pour que l'on comprenne une oeuvre d'art, comme si elle ne pouvait se suffire à elle-même, mais c'est vrai que parfois ...). A voir, l'impressionnant film de Deimantas Narkevicius "Once in the XX century" où l'auteur a remonté des images du démontage d'une statue de Lénine pour en faire au contraire un film où la statue est mise sur son socle (et où la foule est satisfaite !). Et puis les photos de Nicolas Pinier qui a répertorié les monuments (allemands) de la guerre de 1870 dans la région de Metz.

Juste à côté de l'hôtel St-Livier, nous sommes invités par une affiche à visiter le couvent Sainte-Croix(qui renferme l'hôpital-maternité de Metz). On peut y voir la chapelle, des vitraux et le parloir conservé de Pierre Morlanne - chirurgien fondateur du lieu au début du XIXème siècle.

berry.jpgA l'Arsenal, on peut même entrer en ce week-end dans la salle de concert désertée. Et puis il y a une grande exposition des sculptures de Philippe Berry : des dizaines d'oeuvres en tous genres, bronzes, résine, pâte à modeler. C'est bien fait, il y en a pour tous les goûts mais ça m'emballe pas plus que ça. Par contre, c'est l'occasion de découvrir deux "annexes" de l'Arsenal qui sont rarement ouvertes au public : La Chapelle des Templiers (12ème siècle) et l'église Saint-Pierre-aux-Nonnains(4ème siècle) où il y a également des sculptures. En particulier, dans la Chapelle des Templiers, on peut voir les murs et le plafond couverts de fresques (restaurées en 1906).

"Les lendemains n'ont pas chanté"- FRAC Lorraine - Metz - jusqu'au 19 octobre

"Philippe Berry - Sculptures" - Arsenal - Metz - jusqu'au 28 septembre (c'est presque fini !)

20.06.2008

Balade à Guentrange

g.JPGAvant de devenir le quartier « huppé » de Thionville, Guentrange, qui est situé sur les hauteurs de la ville, était un tranquille village agricole, avec nombre vignes (plus de 100 hectares à son apogée), qui furent remplacées par des arbres fruitiers, notamment mirabelliers. Même  s’il est aujourd’hui entouré de villas, le village a su garder son cadre typique, ses vieilles maisons, sa petite église, ses sentiers et venelles qui longent les anciens vergers. Et puis il y a tout en haut l'ancien fort de Guentrange, construit par les allemands au début du XXème siècle.

La jeune association « Guentrange Patrimoine et Avenir » (elle a seulement 3 ans d’existence) a été créée pour participer à la conservation et à la mise en valeur de cet héritage. Particulièrement dynamique (400 adhérents), GPA a déjà de nombreuses réalisations à son actif : pose d'anciens pressoirs, plantation d'arbres symboliques, manifestations lors de la journée du Patrimoine, projets d’embellissement et de rénovation en collaboration avec la municipalité, édition d’une revue annuelle d’une soixantaine de pages envoyée à tous les adhérents, actions pédagogiques …

GPApropose également des itinéraires de découverte de Guentrange (un sentier des vignerons est en cours de finalisation). C’est ce type de balades que l’association offre de présenter régulièrement sur ce site (à Thionville ou ailleurs, la seule règle étant que cela puisse se faire dans la journée).

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On commence avec un escapade dans Guentrange à la découverte des croix de chemins, crucifix, ou autres « bildstock » : voir le fichier PDF (très documenté) ci-dessous.

Croix_Guentrange.pdf

Pour ceux que cela intéresse : bulletin_d'adhésion_GPA.pdf

Contact de l’association : G.P.A@hotmail.fr

20.05.2008

Musée des Emaux de Longwy

Bon, je peux pas dire que Longwy soit une destination de rêve ! Le lundi, quand vos collègues vous demandent ce que vous avez fait de votre week-end, vous dites pas que vous avez fait un tour à Longwy, de peur de passer pour un abruti. La ville aujourd'hui parait bien triste, et ce dimanche, les rues étaient désertes - les longoviciens pourront me rétorquer que parler ainsi pour un thionvillois, c'est l'hôpital qui se fout de la charité !  Mais quand même ...

Ceci dit, Longwy possède de beaux restes d'une cité Vauban et on peut se balader dans les fortifications autour de Longwy-Haut. L'ancienne cité militaire a conservé quelques bâtiments dont l'ancienne boulangerie où se situe le Musée Municipal des Emaux. Car la ville, après avoir perdu toute son économie basée sur la sidérurgie (les usines ont été rasées), reste connue dans le monde entier pour ses émaux et il y a encore cinq lieux de production.

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Bon, je suis pas fana de ces décors aux couleurs vives (dont le plus connu avec les fleurs de pommier sur fond bleu), les oeufs ou les chats qui trônent à côté de la télé, mais j'ai été attiré par l'intitulé de l'exposition en cours : "De l'Art Nouveau à L'Art Déco à travers le Longwy". Le musée est un peu vieillot, mais on y est très bien accueilli. D'abord il y a un petit film qui explique de A à Z la fabrication (manuelle) d'un vase émaillé. Il y a une grande salle avec une riche collection d'objets retraçant l'histoire des Emaux de Longwy. Puis la salle qui abrite l'exposition temporaire où il y a également des oeuvres d'artistes locaux (peintures, sculptures, mais rien de vraiment transcendant). 

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Les ateliers de Longwy se sont toujours inspirés des mouvements artistiques et des modes de l'époque pour leurs créations. Les quelques 150 pièces présentées ici datent des années 1920 et 1930 et reprennent donc le style Art Nouveau et surtout Art Déco, certains des modèles ayant été créés par les artistes en vue à cette période  pour les grands magasins parisiens.  

Juste à côté du musée se trouve un espace d'art contemporain Le "Carré Vauban" qui était fermé (sur le site de la mairie de Longwy, la dernière exposition indiquée remonte à Juin 2007 - je ne sais pas si cet espace fonctionne toujours). On peut également signaler une galerie d'art contemporain situé à Longwy-Bas : ARTZOOM.

"De l'Art Nouveau à L'Art Déco à travers le Longwy" - jusqu'au 20 juillet 2008 - du mardi au vendredi de 14h à 18h - samedi et dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h. Entrée : 2€70 - 1€ pour les moins de 18 ans.

11.05.2008

Fouilles

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C'est devenu une curiosité à Thionville, en plein centre-ville, des fouilles archélologiques sont en cours sur le site de la Cour des Capucins. Auparavant, il y avait ici l'ancien conservatoire, qui a été détruit, et un grand parking en plein air. Juste à côté, il y a l'ancien commissariat qui est en cours de restauration (l'ancien couvent des Capucins ?). Le chantier des fouilles est assez impressionnant : on peut y voir les restes de murailles du moyen-âge.

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Il s'agit là de "fouilles préventives", dans le cadre de travaux en cours, réalisées par l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives). Le site avait d'ailleurs été l'objet de sondages par le même institut en 1994 et 2005 (voir ici sur leur site internet).

Allez y faire un tour : une fois les fouilles terminées, on construira ici un grand centre, avec boutiques, supermarché, hôtel de luxe, appartements de grand standing, bureaux, parking souterrain, ... C'est cool !

22.04.2008

L'Homme Merveilleux

Je ne devrais pas avoir à présenter le château de Malbrouck, tellement il est devenu un endroit incontournable de la vie culturelle en Moselle. Et parce qu’il est situé à seulement 25 minutes de Thionville, près de Sierck-les-Bains (dans la même circonscription que Thionville dont le député est encore un certain JMD, ne l’oublions pas !). Mais je vais quand même faire une petite présentation pour ceux qui n’y seraient jamais allé, et puis parce qu’il y a beaucoup de néo-thionvillois parait-il.

774650840.jpgJe ne devrais donc pas avoir à présenter le château de Malbrouck, parce qu’il y a toujours une bonne raison d’y aller. D’abord, cela se situe en pleine campagne, dans le village de Manderen, et on peut faire de belles balades le long de la frontière avec l’Allemagne. Et puis il s’y passe toujours quelque chose : de grandes expositions (Moussa Sow, Dragons, les trois premières parties sur le thème du Merveilleux ), des concerts dans l’auditorium, des repas gastronomiques « Moyen-Âge », un festival de théâtre de rue chaque été (Les Inattendus de Malbrouck), …

Le château fort de Manderen était une ruine il y a une vingtaine d’années quand il fut racheté par le Conseil Général de Moselle. La restauration eut lieu entre 1989 et 1998 : c’est donc un château tout neuf, superbement refait, même si on peut être un peu choqué lors de la première visite par les matériaux modernes utilisés dans certaines parties : la restauration a été faite selon le principe que si l’on ne sait pas comment cela était à l’origine, on construit de façon moderne. Ainsi, le visiteur peut facilement faire la distinction entre ce qui est original et ce qui est reconstruit.

La visite simple du château est donc assez impressionnante – on peut suivre une visite guidée pour connaître toute l’histoire – et comprendre pourquoi le château a été renommé Malbrouck (du nom d’un anglais, le duc de Malborough, qui occupa le château brièvement au 18ème siècle – celui de la chanson  « Malbrouck s’en va-t-en guerre »). L’endroit est toujours administré par le Conseil Général de Moselle qui organise l’exposition qui nous intéresse aujourd’hui.

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Une photo d'Elina Brotherus dans la cour du château

1694558033.JPGIl s’agit en fait d’un cycle d’expositions sur le thème du "Merveilleux" qui a débuté en mars 2007 avec l’illustrateur Grandville, puis "Merveilleux ! D’après nature" fin 2007 (deux expos que j’ai honteusement loupées !). Cela continue en ce moment sur le thême de "l’Homme Merveilleux".

L’exposition a la particularité d’accueillir aussi bien des œuvres anciennes que contemporaines, avec même certaines spécialement créées pour l’occasion.  Le "Merveilleux" dans l’homme, cela débute sous l’œil de Magritte avec une partie "surréaliste", puis on explore l’enfance, le rêve, l’érotisme. On y voit du Man Ray, du Warhol, des gravures d'André Masson, un petit film extraordinaire sur le cirque miniature d’Alexandre Calder (voir un extrait ici). Et puis de nombreuses créations contemporaines où il y a, comme toujours, du bon et du moins bon (ou du que je comprends pas trop !)
Dans l’auditorium, s’asseoir quelques minutes pour voir le film dada sur le ballet « "Relâche" » de Francis Picabia, musique d’Eric Satie avec un "Entr' Acte" de René Clair où l’on voit une partie d’échecs surréaliste entre Marcel Duchamp et Man Ray.

Voilà, on avait presque oublié qu’on était dans un château.

« L’Homme Merveilleux » jusqu’au 31 Aout 2008 – Entrée : 6,50€ - gratuit pour les moins de 16 ans. http://www.chateau-malbrouck.com

31.01.2008

Duane Hanson : Sculptures of the American Dream

J'adore la "Völklinger Hütte" cette ancienne usine sidérurgique située à Völklingen qui est ouverte à la visite depuis quelques années. D'abord parce que c'est un site exceptionnel à découvrir, vraiment impressionnant (j'en ai déjà parlé ici). Et puis on peut y retourner voir les nombreuses expositions organisées tout au long de l'année. C'est toujours un plaisir.

Mais qu'est-ce qui peut attirer dans un endroit apparemment aussi détestable qu'une usine désaffectée ? A l'occasion de l'exposition "Duane Hanson", sous le signe du Pop Art, une partie de l'explication est donnée dans la plaquette : "Sans le courant Pop Art et sa quête de culture ordinaire, la "Völklinger Hütte" n'aurait certainement jamais été inscrite au patrimoine culturel mondial de l'UNESCO".

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Nous voici donc dans l'usine, où il y a en ce moment pas moins de 4 expositions temporaires. La plus importante se nomme GENIUS I et est consacrée aux inventions qui ont bouleversé notre vie depuis la nuit des temps jusqu'à nos jours (de la roue jusqu'au téléphone portable pour faire rapide). L'expo est installée dans l'imposante salle des Soufflantes, au milieu des anciennes machines de l'usine. C'est bien fait, avec un coté ludique (et il y a les explications en français). Moi ce que j'ai préféré, c'est cet instrument de musique un peu bizarre inventé par un russe vers 1920 et qui s'appelle (comme son inventeur) le Theremin. C'est un des premiers instruments électroniques, et il a la particularité de se jouer sans aucun contact. J'ai essayé, on passe sa main près des parties en métal, et cela donne des sons bizarres comme sur la vidéo ci-dessous (ce Theremin est la version moderne conçue et encore vendue par MOOG).

                             

Bon, moi, je découvre, mais en fait c'est super connu. Le Theremin a été utilisé par plein de musiciens, de Varese à Led Zeppelin, en passant par les Beach Boys ou ... Jean-Michel Jarre !

Mais je m'égare un peu, revenons à nos moutons. Donc, nous, on était surtout venu pour l'exposition Duane Hanson qui se trouve dans une autre partie de l'usine :

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On suit les flèches :

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On passe devant ça :

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et nous voici arrivés. L'exposition n'est pas très grande, mais suffisamment complète, avec une présentation de l'oeuvre, un petit film ... Le tout est placé sous le thème du Pop-Art, avec des citations des principaux artistes de ce mouvement inscrits sur les murs. Pourtant, Duane Hanson est plutôt référencé dans les hyperréalistes, même si le tout fait partie d'un même mouvement et d'une même époque. Et c'est vrai que ces statues (il y en a une vingtaine) sont hyperréalistes, on croirait des vrais (on aurait pu s'amuser d'ailleurs à d'amusantes poses photo, mais c'est interdit, et on était surveillé de près !).

Ce sont des américains de la classe moyenne, de bons californiens qui sont devant nous. Et on pourrait avoir vite fait le tour de la salle et partir, en trouvant ça sympa, sans plus. Mais ces personnages dégagent quelque chose, un certain désespoir, comme accablés par le poids de la vie. Et cela finit par nous envahir (c'est d'ailleurs un des buts de Duane Hanson, il le dit clairement quelque part dans l'expo - il voulait mettre du désespoir dans les yeux de ses statues). Donc voilà, ci-dessous, ce n'est pas un couple qui visite l'expo :

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Et ce culturiste a vraiment l'air d'avoir un problème existentiel !

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A voir jusqu'au 30 mars (GENIUS I) et 27 avril (Duane Hanson). Entrée 9€ pour tout le site et toutes les expos. www.voelklinger-huette.org/fr

08.12.2007

Pablo Picasso : les années 50

En 1957, la Sarre, devenait un land allemand, après avoir été depuis 1945 une région autonome sous tutelle française. A l'occasion de ce cinquantième anniversaire, le land s'offre une exposition de prestige avec Picasso au Saarlandmuseum de Sarrebrück, là où on avait déjà vu l'année dernière la superbe expo Paul Klee. Mais me direz-vous, quel est le rapport entre Picasso et la Sarre. Aucun, a priori, en tous cas il n'y a rien de mentionné dans le programme de l'exposition, si ce n'est que le musée de Sarrebrück possède des oeuvres du maitre de cette époque. Mais en tapant dans Google "Picasso Sarrebrück", je suis tombé tout de même sur ceci : "A partir de 1954, sur les conseils de son ami Franck Schneider, artiste allemand vivant à Sarrebruck, Picasso se lance dans la linogravure, technique très répandue en Allemagne, ...". Google, il est vraiment incroyable !

Picasso, né en 1881, est donc dans les années 50 un septuagénaire mondialement connu et reconnu qui habite dans le sud de la France (Vallauris, puis à la villa Californie à Cannes). Il n'en reste pas moins très actif, et l'oeuvre que l'on découvre à travers les 70 pièces exposées est extrèmement variée.


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Tout d'abord, on se sent bien dans cette exposition : les salles sont grandes et entourées de hauts murs aux couleurs chaudes. Il n'y a pas de fenêtres vers l'extérieur, mais des ouvertures entre chaque salle permettent de rester en contact avec ce que l'on vient de voir, ou ce que l'on va voir, l'idée est assez belle. Je ne vais pas parler des oeuvres, je pense qu'avec Picasso on se passe de commentaires, même si ici il n'y a pas de peintures très connues. On peut être impressionné par la variété des techniques utilisées (et la facilité avec laquelle Picasso arrivait à s'exprimer avec chacune d'elles). Il y a des dessins, des gravures, peintures, encres, des affiches, ... 

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Voilà, on était venu à Sarrebrück pour Picasso, et puis on est pas reparti qu'avec ça, puisqu'en sortant une belle surprise nous attendait. On a failli la louper cette deuxième exposition sur George Grosz, d'abord parce qu'on était pas au courant, et puis parce ce qe c'est très mal indiqué, il y a juste une toute petite affiche de rien du tout, avec que des trucs en allemand marqués dessus - on a d'abord cru que c'était dans un autre musée. Donc, juste à l'entrée du Saarlandmuseum, vous rentrez dans la partie exposition permanente (qui regroupe une très belle collection d'art moderne - fin 19ème et 20ème siècle), vous en traversez une grande partie, puis vous descendez au sous-sol pour vous retrouver dans une nouvelle grande salle d'exposition. 

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Georges Grosz est connu pour avoir fait partie du mouvement Dada allemand et avoir décrit la vie berlinoise des années 1920 dans une veine proche de la caricature. L'exposition présentée à Sarrebrück s'intitule "George Grosz : l'art en tant que critique sociale". La cinquantaine de dessins et les quelques peintures exposées sont particulièrement acerbes : des scènes d'orgie (chez les bourgeois), de désespoir (chez les petites gens), un trait acéré qui ne laisse place à aucune respiration. C'est très noir, deséspéré. Et en même temps très beau. On prend une claque dans la gueule !

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Voilà, deux très belles expositions pour le prix d'une, cela vaut le coup de faire la route jusquà Sarrebrück. Pour se remettre de ses émotions, on peut aller boire un "gluckwein" au marché de Noël tout proche ou manger des "Hoorische" spécialité sarroise de quenelles à base de pommes de terre.

 Jusqu'au 17 février (pour Grosz) et 24 février (pour Picasso) - Entrée 5€ - tarif réduit 3€50 - billet "famille" 9€.
 http://www.saarlandmuseum.de

26.10.2007

U4

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Ca y est, ce haut-fourneau abandonné, rouillé, que l'on voyait depuis la route, ou depuis le train, juste avant Uckange, est depuis début octobre ouvert au public.

L'usine à fonte d'Uckange a commencé à fonctionner à la fin du XIXème siècle. Elle a comporté jusqu'à 6 hauts-fourneaux. En 1991, après plusieurs mois de lutte, le site est fermé. La plupart des installations seront détruites - il ne reste aujourd'hui qu'un haut-fourneau (le U4) et quelques bâtiments annexes. En 2001, le site est classé monument historique - c'est et ce sera le seul haut-fourneau en France classé. Depuis 2006, le site a été désamianté et réhabilité, et des aménagements ont été faits afin de le rendre accessible.

Alors on peut se demander quel est l'intérêt d'aller visiter une ancienne usine de fonte ! On peut simplement trouver ça beau (c'est mon cas), on peut y voir la trace des hommes qui ont vécu et travaillé là (c'est aussi ce qui en fait la beauté je pense), une partie de notre histoire. On peut aussi s'intéresser au fonctionnement de l'usine - dans ce cas, on peut suivre une visite guidée avec un ancien sidérurgiste. Mais on peut aussi trouver ça laid, triste, considérer que c'est un endroit où des gens ont souffert juste pour gagner leur croûte, et que cela mériterait d'être détruit définitivement ...

On ne visite pas vraiment le haut-fourneau, disons plutôt qu'il y a un itinéraire aménagé qui permet de le voir au plus près.C'est assez impressionnant (les photos sont pas très belles, d'abord parce qu'elle sont de moi ^^, et puis il n'y avait pas une belle lumière ce jour-là). 

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Certes, cela n'a ren à voir avec la visite de l'usine de Völklingen, en Allemagne, où tout est beaucoup plus grand, et où l'on peut grimper sur les installations. Mais cela vaut le coup d'être vu - surtout que ce n'est qu'à quelques minutes en voiture de Thionville !

A l'entrée, il y a une exposition de photos sur l'usine avant la réhabilitation. Pour l'ouverture, le site a été éclairé par l'artiste Claude Lévèque (voir photo ci-dessous), mais pour cela il faut venir de nuit, et donc je n'ai pas vu ce que cela donnait. Il y a aussi des vidéos proposées par le FRAC Lorraine, mais elles ne fonctionnaient pas !

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photo (c) Marc Domage 

Il ne reste que quelques jours cette année pour la visite, jusqu'au 4 novembre, mais cela réouvre à partir du 1er mai 2008 (la mise en lumière continue de fonctionner).

Ouvert tous les jours sauf le lundi de 14h à 18h30. Visite libre : 1€50  - Visite guidée : 3€ - gratuit jusqu'à 10 ans.

13.09.2007

Le Corbusier à Briey

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La première fois que l'on découvre l'immeuble de la Cité Radieuse de Le Corbusier à Briey, cet immense barre de béton planté au milieu de la forêt, on se demande comment cela a pu arriver. Ce concept d'immeuble dit "unité d'habitation de grandeur conforme" était plutôt fait pour les grandes aglomérations, les deux premières réalisations avaient été faites à Marseille et dans la banlieue de Nantes. Briey, c'est un petite ville bien calme de 2 ou 3000 habitants, et l'immeuble avec ses 339 appartements pouvait accueillir plus de 1000 résidents. On se demande également quelle a pu être l'histoire de cet immeuble, comment il a été accepté par la population, comment il a traversé toutes ces années depuis sa construction en 1960. Vous trouverez les réponses à toutes ces questions dans ce joli petit livre "Le Corbusier à Briey : Histoire mouvementée d'une unité d'habitation" de Joseph Abram. Un livre fort instructif, avec de nombreuses photos (beaucoup d'images de la construction et pas assez de photos du "produit fini" à mon goût), et superbement mis en page. 

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Et puis pour ne pas garder à l'esprit cet image d'immeuble HLM gris au milieu de la forêt, il faut retourner à Briey et visiter l'intérieur grâce à l'association "La Première Rue" qui milite depuis de nombreuses années pour la réhabilitation et la promotion de l'immeuble. La "rue", dans l'unité d'habitation, c'est le couloir qui amène aux appartements. L'association a reconstitué un appartement "témoin" tel qu'il était conçu à l'époque, avec entre autres des meubles de Charlotte Pierrant et de Le Corbusier. Elle a aussi une galerie d'exposition. Il faut en profiter lors des "Journées du Patrimoine" qui se déroule le week-end prochain 15 et 16 septembre, car l'association propose (d'habitude !) des visites guidées où sont expliquées les idées qui avaient été mises en oeuvre par l'architecte dans les unités d'habitations.

 "Le Corbusier à Briey" de Joseph Abram, éditions Jean-Michel Place, 8€

09.09.2007

Futurs antérieurs - Musée des mines de fer de Neufchef

J'étais super content quand j'ai appris qu'on pouvait voir des oeuvres de Bernd & Hilla Becher tout près d'ici. Je suis un inconditionnel de leurs photographies de sites industriels qu'ils réalisent depuis plus de 40 ans avec une grande minutie. Je les ai vraiment découvert lors d'une grande expo il y a deux ou trois ans au Centre Pompidou (de Paris, pas de Metz !).

Donc, cet été, il y avait des oeuvres de Bernd & Hilla Becher au Musée de la mine de Neufchef, dans le cadre d'une dizaine d'expos décentralisées proposées par le Frac Lorraine "Chemins de Traverse". Je me suis rendu à cet "écomusée" qui se trouve juste à côté d'Hayange, mais j'ai été un peu déçu, il y avait juste une photo du couple allemand. J'en ai profité pour visiter le musée, histoire de pas être venu pour rien (voir plus bas).

Et puis cet automne,  voici que le Frac récidive avec l'exposition "Futurs Antérieurs" dans les médiathèques de Florange et Nilvange. Me voici donc reparti dans la vallée de la Fensch. A Florange, je suis enfin récompensé avec cette impressionnante photo des haut-fournaux de Knutange datant de 1971 (ci-dessous), ainsi qu'une composition de 12 photos de  châteaux d'eau (sur Bernd & Hilla Becher, voir ici un joli portfolio).

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Il y a en tout une dizaine d'oeuvres de différents artistes avec pour thème commun l'industrie, comme cette photo de Peter Downsbrough :

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A Nilvange, je découvre la superbe médiathèque départementale sur 4 étages. Ici il faut fouiller un peu pour trouver les oeuvres. Il y a des photos et une maquette en bas, un projection de diapos dans une salle au premier, une vidéo dans le coin des DVD. On reste dans le domaine du post-industriel, comme avec la série de diapos sur les espaces abandonnés dans l'agglomération d'Amsterdam.

Cette double exposition vient annoncer l'ouverture prochaine de l'ancien site U4 des haut-fourneaux d'Uckange (à partir du 2 octobre), avec un projet d'illumination et des animations. On y revient.

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 "Futurs Antérieurs" - jusqu'au  13 octobre - Toutes les infos ici.

 

 

On reste dans le fer, avec la visite de l'Ecomusée des Mines de Fer de Neufchef. Même si c'est pas trop mon truc, je dois dire que c'était assez intéressant. Il y a une grande salle d'expo avec l'histoire des mines de Lorraine, une salle sur la vie des mineurs, et une salle plus technique sur le travail d'extraction. Et puis surtout on visite la mine en compagnie d'un ancien mineur. On ne descend pas très bas, le minerai se trouve juste sous le coteau - pour une mine en profondeur, il faut aller dans l'autre musée un peu plus au nord à Aumetz. Au cours de la visite, on découvre les différents outils qui ont servi au cours des âges et jusqu'à la fermeture. Et surtout on se rend compte à quel point cela devait être un enfer (travail dur payé à la tâche, risques d'accidents, ...) !

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