11.05.2008

Fouilles

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C'est devenu une curiosité à Thionville, en plein centre-ville, des fouilles archélologiques sont en cours sur le site de la Cour des Capucins. Auparavant, il y avait ici l'ancien conservatoire, qui a été détruit, et un grand parking en plein air. Juste à côté, il y a l'ancien commissariat qui est en cours de restauration (l'ancien couvent des Capucins ?). Le chantier des fouilles est assez impressionnant : on peut y voir les restes de murailles du moyen-âge.

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Il s'agit là de "fouilles préventives", dans le cadre de travaux en cours, réalisées par l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives). Le site avait d'ailleurs été l'objet de sondages par le même institut en 1994 et 2005 (voir ici sur leur site internet).

Allez y faire un tour : une fois les fouilles terminées, on construira ici un grand centre, avec boutiques, supermarché, hôtel de luxe, appartements de grand standing, bureaux, parking souterrain, ... C'est cool !

22.04.2008

L'Homme Merveilleux

Je ne devrais pas avoir à présenter le château de Malbrouck, tellement il est devenu un endroit incontournable de la vie culturelle en Moselle. Et parce qu’il est situé à seulement 25 minutes de Thionville, près de Sierck-les-Bains (dans la même circonscription que Thionville dont le député est encore un certain JMD, ne l’oublions pas !). Mais je vais quand même faire une petite présentation pour ceux qui n’y seraient jamais allé, et puis parce qu’il y a beaucoup de néo-thionvillois parait-il.

774650840.jpgJe ne devrais donc pas avoir à présenter le château de Malbrouck, parce qu’il y a toujours une bonne raison d’y aller. D’abord, cela se situe en pleine campagne, dans le village de Manderen, et on peut faire de belles balades le long de la frontière avec l’Allemagne. Et puis il s’y passe toujours quelque chose : de grandes expositions (Moussa Sow, Dragons, les trois premières parties sur le thème du Merveilleux ), des concerts dans l’auditorium, des repas gastronomiques « Moyen-Âge », un festival de théâtre de rue chaque été (Les Inattendus de Malbrouck), …

Le château fort de Manderen était une ruine il y a une vingtaine d’années quand il fut racheté par le Conseil Général de Moselle. La restauration eut lieu entre 1989 et 1998 : c’est donc un château tout neuf, superbement refait, même si on peut être un peu choqué lors de la première visite par les matériaux modernes utilisés dans certaines parties : la restauration a été faite selon le principe que si l’on ne sait pas comment cela était à l’origine, on construit de façon moderne. Ainsi, le visiteur peut facilement faire la distinction entre ce qui est original et ce qui est reconstruit.

La visite simple du château est donc assez impressionnante – on peut suivre une visite guidée pour connaître toute l’histoire – et comprendre pourquoi le château a été renommé Malbrouck (du nom d’un anglais, le duc de Malborough, qui occupa le château brièvement au 18ème siècle – celui de la chanson  « Malbrouck s’en va-t-en guerre »). L’endroit est toujours administré par le Conseil Général de Moselle qui organise l’exposition qui nous intéresse aujourd’hui.

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Une photo d'Elina Brotherus dans la cour du château

1694558033.JPGIl s’agit en fait d’un cycle d’expositions sur le thème du "Merveilleux" qui a débuté en mars 2007 avec l’illustrateur Grandville, puis "Merveilleux ! D’après nature" fin 2007 (deux expos que j’ai honteusement loupées !). Cela continue en ce moment sur le thême de "l’Homme Merveilleux".

L’exposition a la particularité d’accueillir aussi bien des œuvres anciennes que contemporaines, avec même certaines spécialement créées pour l’occasion.  Le "Merveilleux" dans l’homme, cela débute sous l’œil de Magritte avec une partie "surréaliste", puis on explore l’enfance, le rêve, l’érotisme. On y voit du Man Ray, du Warhol, des gravures d'André Masson, un petit film extraordinaire sur le cirque miniature d’Alexandre Calder (voir un extrait ici). Et puis de nombreuses créations contemporaines où il y a, comme toujours, du bon et du moins bon (ou du que je comprends pas trop !)
Dans l’auditorium, s’asseoir quelques minutes pour voir le film dada sur le ballet « "Relâche" » de Francis Picabia, musique d’Eric Satie avec un "Entr' Acte" de René Clair où l’on voit une partie d’échecs surréaliste entre Marcel Duchamp et Man Ray.

Voilà, on avait presque oublié qu’on était dans un château.

« L’Homme Merveilleux » jusqu’au 31 Aout 2008 – Entrée : 6,50€ - gratuit pour les moins de 16 ans. http://www.chateau-malbrouck.com

31.01.2008

Duane Hanson : Sculptures of the American Dream

J'adore la "Völklinger Hütte" cette ancienne usine sidérurgique située à Völklingen qui est ouverte à la visite depuis quelques années. D'abord parce que c'est un site exceptionnel à découvrir, vraiment impressionnant (j'en ai déjà parlé ici). Et puis on peut y retourner voir les nombreuses expositions organisées tout au long de l'année. C'est toujours un plaisir.

Mais qu'est-ce qui peut attirer dans un endroit apparemment aussi détestable qu'une usine désaffectée ? A l'occasion de l'exposition "Duane Hanson", sous le signe du Pop Art, une partie de l'explication est donnée dans la plaquette : "Sans le courant Pop Art et sa quête de culture ordinaire, la "Völklinger Hütte" n'aurait certainement jamais été inscrite au patrimoine culturel mondial de l'UNESCO".

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Nous voici donc dans l'usine, où il y a en ce moment pas moins de 4 expositions temporaires. La plus importante se nomme GENIUS I et est consacrée aux inventions qui ont bouleversé notre vie depuis la nuit des temps jusqu'à nos jours (de la roue jusqu'au téléphone portable pour faire rapide). L'expo est installée dans l'imposante salle des Soufflantes, au milieu des anciennes machines de l'usine. C'est bien fait, avec un coté ludique (et il y a les explications en français). Moi ce que j'ai préféré, c'est cet instrument de musique un peu bizarre inventé par un russe vers 1920 et qui s'appelle (comme son inventeur) le Theremin. C'est un des premiers instruments électroniques, et il a la particularité de se jouer sans aucun contact. J'ai essayé, on passe sa main près des parties en métal, et cela donne des sons bizarres comme sur la vidéo ci-dessous (ce Theremin est la version moderne conçue et encore vendue par MOOG).

                             

Bon, moi, je découvre, mais en fait c'est super connu. Le Theremin a été utilisé par plein de musiciens, de Varese à Led Zeppelin, en passant par les Beach Boys ou ... Jean-Michel Jarre !

Mais je m'égare un peu, revenons à nos moutons. Donc, nous, on était surtout venu pour l'exposition Duane Hanson qui se trouve dans une autre partie de l'usine :

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On suit les flèches :

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On passe devant ça :

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et nous voici arrivés. L'exposition n'est pas très grande, mais suffisamment complète, avec une présentation de l'oeuvre, un petit film ... Le tout est placé sous le thème du Pop-Art, avec des citations des principaux artistes de ce mouvement inscrits sur les murs. Pourtant, Duane Hanson est plutôt référencé dans les hyperréalistes, même si le tout fait partie d'un même mouvement et d'une même époque. Et c'est vrai que ces statues (il y en a une vingtaine) sont hyperréalistes, on croirait des vrais (on aurait pu s'amuser d'ailleurs à d'amusantes poses photo, mais c'est interdit, et on était surveillé de près !).

Ce sont des américains de la classe moyenne, de bons californiens qui sont devant nous. Et on pourrait avoir vite fait le tour de la salle et partir, en trouvant ça sympa, sans plus. Mais ces personnages dégagent quelque chose, un certain désespoir, comme accablés par le poids de la vie. Et cela finit par nous envahir (c'est d'ailleurs un des buts de Duane Hanson, il le dit clairement quelque part dans l'expo - il voulait mettre du désespoir dans les yeux de ses statues). Donc voilà, ci-dessous, ce n'est pas un couple qui visite l'expo :

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Et ce culturiste a vraiment l'air d'avoir un problème existentiel !

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A voir jusqu'au 30 mars (GENIUS I) et 27 avril (Duane Hanson). Entrée 9€ pour tout le site et toutes les expos. www.voelklinger-huette.org/fr

08.12.2007

Pablo Picasso : les années 50

En 1957, la Sarre, devenait un land allemand, après avoir été depuis 1945 une région autonome sous tutelle française. A l'occasion de ce cinquantième anniversaire, le land s'offre une exposition de prestige avec Picasso au Saarlandmuseum de Sarrebrück, là où on avait déjà vu l'année dernière la superbe expo Paul Klee. Mais me direz-vous, quel est le rapport entre Picasso et la Sarre. Aucun, a priori, en tous cas il n'y a rien de mentionné dans le programme de l'exposition, si ce n'est que le musée de Sarrebrück possède des oeuvres du maitre de cette époque. Mais en tapant dans Google "Picasso Sarrebrück", je suis tombé tout de même sur ceci : "A partir de 1954, sur les conseils de son ami Franck Schneider, artiste allemand vivant à Sarrebruck, Picasso se lance dans la linogravure, technique très répandue en Allemagne, ...". Google, il est vraiment incroyable !

Picasso, né en 1881, est donc dans les années 50 un septuagénaire mondialement connu et reconnu qui habite dans le sud de la France (Vallauris, puis à la villa Californie à Cannes). Il n'en reste pas moins très actif, et l'oeuvre que l'on découvre à travers les 70 pièces exposées est extrèmement variée.


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Tout d'abord, on se sent bien dans cette exposition : les salles sont grandes et entourées de hauts murs aux couleurs chaudes. Il n'y a pas de fenêtres vers l'extérieur, mais des ouvertures entre chaque salle permettent de rester en contact avec ce que l'on vient de voir, ou ce que l'on va voir, l'idée est assez belle. Je ne vais pas parler des oeuvres, je pense qu'avec Picasso on se passe de commentaires, même si ici il n'y a pas de peintures très connues. On peut être impressionné par la variété des techniques utilisées (et la facilité avec laquelle Picasso arrivait à s'exprimer avec chacune d'elles). Il y a des dessins, des gravures, peintures, encres, des affiches, ... 

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Voilà, on était venu à Sarrebrück pour Picasso, et puis on est pas reparti qu'avec ça, puisqu'en sortant une belle surprise nous attendait. On a failli la louper cette deuxième exposition sur George Grosz, d'abord parce qu'on était pas au courant, et puis parce ce qe c'est très mal indiqué, il y a juste une toute petite affiche de rien du tout, avec que des trucs en allemand marqués dessus - on a d'abord cru que c'était dans un autre musée. Donc, juste à l'entrée du Saarlandmuseum, vous rentrez dans la partie exposition permanente (qui regroupe une très belle collection d'art moderne - fin 19ème et 20ème siècle), vous en traversez une grande partie, puis vous descendez au sous-sol pour vous retrouver dans une nouvelle grande salle d'exposition. 

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Georges Grosz est connu pour avoir fait partie du mouvement Dada allemand et avoir décrit la vie berlinoise des années 1920 dans une veine proche de la caricature. L'exposition présentée à Sarrebrück s'intitule "George Grosz : l'art en tant que critique sociale". La cinquantaine de dessins et les quelques peintures exposées sont particulièrement acerbes : des scènes d'orgie (chez les bourgeois), de désespoir (chez les petites gens), un trait acéré qui ne laisse place à aucune respiration. C'est très noir, deséspéré. Et en même temps très beau. On prend une claque dans la gueule !

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Voilà, deux très belles expositions pour le prix d'une, cela vaut le coup de faire la route jusquà Sarrebrück. Pour se remettre de ses émotions, on peut aller boire un "gluckwein" au marché de Noël tout proche ou manger des "Hoorische" spécialité sarroise de quenelles à base de pommes de terre.

 Jusqu'au 17 février (pour Grosz) et 24 février (pour Picasso) - Entrée 5€ - tarif réduit 3€50 - billet "famille" 9€.
 http://www.saarlandmuseum.de

26.10.2007

U4

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Ca y est, ce haut-fourneau abandonné, rouillé, que l'on voyait depuis la route, ou depuis le train, juste avant Uckange, est depuis début octobre ouvert au public.

L'usine à fonte d'Uckange a commencé à fonctionner à la fin du XIXème siècle. Elle a comporté jusqu'à 6 hauts-fourneaux. En 1991, après plusieurs mois de lutte, le site est fermé. La plupart des installations seront détruites - il ne reste aujourd'hui qu'un haut-fourneau (le U4) et quelques bâtiments annexes. En 2001, le site est classé monument historique - c'est et ce sera le seul haut-fourneau en France classé. Depuis 2006, le site a été désamianté et réhabilité, et des aménagements ont été faits afin de le rendre accessible.

Alors on peut se demander quel est l'intérêt d'aller visiter une ancienne usine de fonte ! On peut simplement trouver ça beau (c'est mon cas), on peut y voir la trace des hommes qui ont vécu et travaillé là (c'est aussi ce qui en fait la beauté je pense), une partie de notre histoire. On peut aussi s'intéresser au fonctionnement de l'usine - dans ce cas, on peut suivre une visite guidée avec un ancien sidérurgiste. Mais on peut aussi trouver ça laid, triste, considérer que c'est un endroit où des gens ont souffert juste pour gagner leur croûte, et que cela mériterait d'être détruit définitivement ...

On ne visite pas vraiment le haut-fourneau, disons plutôt qu'il y a un itinéraire aménagé qui permet de le voir au plus près.C'est assez impressionnant (les photos sont pas très belles, d'abord parce qu'elle sont de moi ^^, et puis il n'y avait pas une belle lumière ce jour-là). 

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Certes, cela n'a ren à voir avec la visite de l'usine de Völklingen, en Allemagne, où tout est beaucoup plus grand, et où l'on peut grimper sur les installations. Mais cela vaut le coup d'être vu - surtout que ce n'est qu'à quelques minutes en voiture de Thionville !

A l'entrée, il y a une exposition de photos sur l'usine avant la réhabilitation. Pour l'ouverture, le site a été éclairé par l'artiste Claude Lévèque (voir photo ci-dessous), mais pour cela il faut venir de nuit, et donc je n'ai pas vu ce que cela donnait. Il y a aussi des vidéos proposées par le FRAC Lorraine, mais elles ne fonctionnaient pas !

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photo (c) Marc Domage 

Il ne reste que quelques jours cette année pour la visite, jusqu'au 4 novembre, mais cela réouvre à partir du 1er mai 2008 (la mise en lumière continue de fonctionner).

Ouvert tous les jours sauf le lundi de 14h à 18h30. Visite libre : 1€50  - Visite guidée : 3€ - gratuit jusqu'à 10 ans.

13.09.2007

Le Corbusier à Briey

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La première fois que l'on découvre l'immeuble de la Cité Radieuse de Le Corbusier à Briey, cet immense barre de béton planté au milieu de la forêt, on se demande comment cela a pu arriver. Ce concept d'immeuble dit "unité d'habitation de grandeur conforme" était plutôt fait pour les grandes aglomérations, les deux premières réalisations avaient été faites à Marseille et dans la banlieue de Nantes. Briey, c'est un petite ville bien calme de 2 ou 3000 habitants, et l'immeuble avec ses 339 appartements pouvait accueillir plus de 1000 résidents. On se demande également quelle a pu être l'histoire de cet immeuble, comment il a été accepté par la population, comment il a traversé toutes ces années depuis sa construction en 1960. Vous trouverez les réponses à toutes ces questions dans ce joli petit livre "Le Corbusier à Briey : Histoire mouvementée d'une unité d'habitation" de Joseph Abram. Un livre fort instructif, avec de nombreuses photos (beaucoup d'images de la construction et pas assez de photos du "produit fini" à mon goût), et superbement mis en page. 

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Et puis pour ne pas garder à l'esprit cet image d'immeuble HLM gris au milieu de la forêt, il faut retourner à Briey et visiter l'intérieur grâce à l'association "La Première Rue" qui milite depuis de nombreuses années pour la réhabilitation et la promotion de l'immeuble. La "rue", dans l'unité d'habitation, c'est le couloir qui amène aux appartements. L'association a reconstitué un appartement "témoin" tel qu'il était conçu à l'époque, avec entre autres des meubles de Charlotte Pierrant et de Le Corbusier. Elle a aussi une galerie d'exposition. Il faut en profiter lors des "Journées du Patrimoine" qui se déroule le week-end prochain 15 et 16 septembre, car l'association propose (d'habitude !) des visites guidées où sont expliquées les idées qui avaient été mises en oeuvre par l'architecte dans les unités d'habitations.

 "Le Corbusier à Briey" de Joseph Abram, éditions Jean-Michel Place, 8€

09.09.2007

Futurs antérieurs - Musée des mines de fer de Neufchef

J'étais super content quand j'ai appris qu'on pouvait voir des oeuvres de Bernd & Hilla Becher tout près d'ici. Je suis un inconditionnel de leurs photographies de sites industriels qu'ils réalisent depuis plus de 40 ans avec une grande minutie. Je les ai vraiment découvert lors d'une grande expo il y a deux ou trois ans au Centre Pompidou (de Paris, pas de Metz !).

Donc, cet été, il y avait des oeuvres de Bernd & Hilla Becher au Musée de la mine de Neufchef, dans le cadre d'une dizaine d'expos décentralisées proposées par le Frac Lorraine "Chemins de Traverse". Je me suis rendu à cet "écomusée" qui se trouve juste à côté d'Hayange, mais j'ai été un peu déçu, il y avait juste une photo du couple allemand. J'en ai profité pour visiter le musée, histoire de pas être venu pour rien (voir plus bas).

Et puis cet automne,  voici que le Frac récidive avec l'exposition "Futurs Antérieurs" dans les médiathèques de Florange et Nilvange. Me voici donc reparti dans la vallée de la Fensch. A Florange, je suis enfin récompensé avec cette impressionnante photo des haut-fournaux de Knutange datant de 1971 (ci-dessous), ainsi qu'une composition de 12 photos de  châteaux d'eau (sur Bernd & Hilla Becher, voir ici un joli portfolio).

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Il y a en tout une dizaine d'oeuvres de différents artistes avec pour thème commun l'industrie, comme cette photo de Peter Downsbrough :

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A Nilvange, je découvre la superbe médiathèque départementale sur 4 étages. Ici il faut fouiller un peu pour trouver les oeuvres. Il y a des photos et une maquette en bas, un projection de diapos dans une salle au premier, une vidéo dans le coin des DVD. On reste dans le domaine du post-industriel, comme avec la série de diapos sur les espaces abandonnés dans l'agglomération d'Amsterdam.

Cette double exposition vient annoncer l'ouverture prochaine de l'ancien site U4 des haut-fourneaux d'Uckange (à partir du 2 octobre), avec un projet d'illumination et des animations. On y revient.

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 "Futurs Antérieurs" - jusqu'au  13 octobre - Toutes les infos ici.

 

 

On reste dans le fer, avec la visite de l'Ecomusée des Mines de Fer de Neufchef. Même si c'est pas trop mon truc, je dois dire que c'était assez intéressant. Il y a une grande salle d'expo avec l'histoire des mines de Lorraine, une salle sur la vie des mineurs, et une salle plus technique sur le travail d'extraction. Et puis surtout on visite la mine en compagnie d'un ancien mineur. On ne descend pas très bas, le minerai se trouve juste sous le coteau - pour une mine en profondeur, il faut aller dans l'autre musée un peu plus au nord à Aumetz. Au cours de la visite, on découvre les différents outils qui ont servi au cours des âges et jusqu'à la fermeture. Et surtout on se rend compte à quel point cela devait être un enfer (travail dur payé à la tâche, risques d'accidents, ...) !

31.07.2007

C'est l'été

Je m'en viens interrompre cette trève estivale de blog, d'abord parce que mes vacances sont terminées (elles furent bonnes, merci) et puis parce qu'y a pas de raison qu'on reste chez soi à ne rien faire parce que c'est l'été. A Thionville, c'est vrai que c'est plutôt le calme plat, même La Scala est fermée jusqu'au 21 août, ça m'apprendra de partir en juillet. Y a des concerts le dimanche au Parc Wilson, si ça vous dit ...

Cette année, on a un peu plus de chance, il y a l'année culturelle Luxembourg 2007 qui génère pas mal d'événements - on en reparle. Et puis comme chaque été a lieu le festival "Les inattendus" au Château de Malbrouck (c'est la neuvième édition le 5 et 6 août). Il s'agit d'un festival de théâtre de rue qui se déroule dans la cour du château. J'y suis déjà allé plusieurs fois et c'est assez sympa (s'il fait beau !), d'autant qu'on a pas l'occasion de voir souvent ce genre de spectacles par chez nous. Il y aura 6 compagnies invitées : acrobates, numéros comiques, musiciens, ... Prévoir de rester la journée si on veut voir la plupart des spectacles - en attendant, on peut manger sur place, en profiter pour visiter le château, aller faire un tour dans la campagne, ...

Et pour voir encore plus de spectacles de rue sans partir jusqu'à Aurillac ou Chalon-sur-Saône, on peut aller le 18 et 19 Août au festival des arts de la rue de Chassepierre en Belgique - c'est à moins d'1h30 de Thionville. Là c'est un très gros événement dans un petit village sympathique. Il y a beaucoup de monde, mais ça vaut le coup.

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02.06.2007

Un week-end à Coblence

Trois petits jours en Allemagne, pour ce week-end de la Pentecôte, c'est un petit air de vacances, même si il ne faisait pas très beau. Coblence (Koblenz) se situe à juste deux heures de route de Thionville. C'est une petite ville (110 000 habitants) commerçante et touristique. Elle se situe à la rencontre de la Moselle et du Rhin, ce qui en fait le point de départ idéal pour découvrir la Vallée du Rhin et la Vallée de la Moselle.

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La rencontre de la Moselle (à gauche) avec le Rhin (à droite) à cet endroit que l'on appelle "le coin des allemands" (Deutsches Eck).

La ville est assez jolie et agréable, avec quelques beaux monuments, même si, comme la plupart des villes allemandes, elle a presque entièrement été détruite pendant la seconde guerre mondiale, et que cela donne une architecture quelque peu bigarrée. On y mange bien, il y a de la bonne bière, et surtout, cela a été une découverte pour moi, on y boit du très bon vin blanc du Rhin ou de la Moselle.

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 A Coblence, les Madones, dans la rue,  sont protégés par des grilles.

Sur les quais, on peut s'offrir une balade en bateau pour une heure ou deux, ou pour la journée. Dans ce dernier cas, on vous emmènera le long de la fameuse vallée romantique du Rhin jusqu'à Bingem, en passant par le rocher de la célèbre Lorelei. Nous l'avons fait en voiture, ce qui est moins romantique, mais qui permet de s'arrêter dans un des petits villages viticoles ou d'aller visiter un des innombrables châteaux qui se situent en haut des coteaux. C'est vraiment très chouette. Tout comme la vallée de la Moselle allemande, qui va de Trèves à Coblence sur presque 150 kilomètres. En rentrant, nous l'avons suivi jusqu'à Cochem, cela vaut vraiment le coup d'oeil.

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A Coblence, il y a plusieurs musées, dont le Ludwig Museum, consacré à l'Art Contemporain, et en particulier à l'Art Contemporain français ! On voit ci-dessus le bâtiment avec devant un des "Pouces" de César. En fait le musée doit son nom aux Ludwig qui sont un couple de mécènes passionnés d'art, et il existe plusieurs Ludwig Museum, dont le principal se trouve à Cologne. Nous y avons vu deux expositions. La première "La Fin du Monde" (en français dans le texte) est consacrée aux oeuvres peintes de Gao Xingjian, écrivain chinois habitant en France, Prix Nobel de Littérature en 2000. On peut toujours se demander si un artiste reconnu dans une discipline peut réussir dans une autre assez éloignée de la sienne. J'avais par exemple vu une magnifique exposition des peintures du compositeur Arnold Schoenberg. Dans d'autres cas, cela est moins réussi. Gao Xingjian réussit lui de belles compositions en noir et blanc (avec de l'encre de Chine), mais cela ne m'a pas vraiment touché. 

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La deuxième exposition, beaucoup plus intéressante, est consacrée à trois jeunes photographes finlandaises. Eva Persson, dans "About Death", fait le portrait d'une famille qui habite dans un village qui s'appelle Death. C'est plein de couleur, fait sans voyeurisme, avec juste un peu de mise en scène. On peut voir la suite ici.  

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Aino Kannisto prend des photos d'elle-même, mais ce ne sont pas des autoportraits, plutôt des mises en situation inventées, comme pour un roman-photo. Il y a aussi beaucoup de travail sur la couleur. C'est parfois un peu glauque. Et troublant de voir toujours la même femme dans des scènes et des travestissements aussi différents. Plein d'autres exemples

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Enfin, Tiina Itkonen est allé photographier le grand Nord au Groenland. Elle en a rapporté aussi bien des paysages que des portraits d'autochtones, comme cet Elvis qui pourrait faire partie des Leningrad Cowboys. A voir ici

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07.11.2006

The Family of Man

Certaines expositions ont une histoire. Celle-ci fut surnommée "La plus grande exposition photographique de tous les temps" !

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En 1955, Edward STEICHEN, photographe américain d'origine luxembourgeoise organise pour le MOMA de New-York une  grande exposition de photos. Son but est de réunir un ensemble d'oeuvres illustrant les différents moments de la vie des hommes. On est en pleine guerre froide, et STEICHEN veut faire un projet humaniste en réunissant des oeuvres de tous les pays. Il fait son choix parmi des centaines de milliers de clichés et en réunit 500 classés par thème : l'amour, la naissance, la mort, le travail, ... Chaque thème est accompagné de phrases sensées montrer l'universalisme des situations : citations de la bible ou des mythologies, proverbes chinois ou indiens, ...

L'exposition remporte un immense succès et part ensuite en "tournée" par le monde et sera vu par plusieurs millions de visiteurs. En 1956, elle est présentée à Paris au Grand Palais sous le titre "La grande famille des hommes". Roland Barthes en parle dans ses célèbres "Mythologies" pour critiquer assez durement l'angélisme du propos. Il est pour lui illusoire de vouloir faire de tous les hommes des égaux devant les événements de la vie, en niant leur histoire.

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En 1964, le gouvernement américain fait don de l'exposition au Grand-Duché du Luxembourg. Et c'est là que cela devient intéressant puisque l'exposition y est maintenant présentée de façon permanente à Clervaux.

D'abord, c'est l'occasion d'une belle balade, puisque Clervaux se situe dans les Ardennes tout au nord du Luxembourg (compter 1h30 de route depuis Thionville). C'est une petite ville touristique avec son château, son église, son abbaye (à ne pas confondre avec l'abbaye de Clairvaux en France - celle-ci n'a été construite qu'au début du 20ème siècle). "The family of man" se situe dans le château. On retrouve donc les 500 photos sur les tirages d'époque qui ont bien souffert de leurs différents voyages, bien qu'une restauration ait été faite. Il y a aussi bien du photo-journalisme, que des photos d'amateurs ou même quelques grands noms comme Cartier-Bresson ou Willy Ronis. Au départ, on est amusé par les situations vues de différentes manières (la rencontre amoureuse, le mariage, la naissance), puis on ressent quand même un certain malaise au bout d'un moment par cette volonté de mettre tout le monde au même niveau. Comme s'il y avait, sur le thème du travail, des points en commun entre l'africain qui chasse, l'ouvrier au fond de la mine et le businessman dans son bureau. Mais les photos sont belles et c'est assez intéressant à visiter, 50 ans après, avec le recul.

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 Pour plus d'infos : site du Centre National de l'audiovisuel Luxembourgeois

Ouvert du 1er mars au 31 décembre tous les jours (sauf le lundi de mars à Paques et après le 15 septembre) de 10h à 18h - Entrée : 4€50 

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