10.04.2008
Madame de Sade

Photo : Anne GAYAN
"Madame de Sade" est la nouvelle pièce mise en scène par Jacques Vincey (dont avait déjà vu "Le Belvédère" ici à Thionville) présentée cette semaine au Théatre en Bois à Thionville.
C'est du théâtre savant, du théâtre précieux, sous la plume de Mishima. On peut penser aux "Femmes Savantes" ou aux "Précieuses Ridicules" avec ces 5 femmes en costumes, mais on n'est plus au siècle de Molière. C'est le Marquis de Sade qui occupe l'esprit de ces dames - et puis la révolution va arriver.
Du théatre savant, donc, avec beaucoup de texte, chacune de ce femmes ayant beaucoup de choses à dire sur le divin (ou le diabolique) marquis. Certaines l'admirent, d'autres le méprisent, personne n'est indifférent. Madame de Sade a décidé de rester fidèle à son époux qui passe son temps entre scandales et prison. Sur trois périodes de 1772 à 1790, on voit s'affronter vertu et débauche, respectabilité et liberté de pensée.
Du théâtre précieux, comme une pièce d'orfévrerie, avec ces criolines superbes, les perruques, la musique, les chants. Et des actrices qui servent admirablement le texte.
Tout cela nous fait un beau voyage -même si j'ai trouvé certains passages un peu longs (pas évident après une journée de travail - cela dure 2h15).
Lire ici un entretien avec Jacques Vincey sur "Madame de Sade"
Jusqu'à demain vendredi 11/04 - www.cdtl.fr
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11.03.2008
Je suis tombé
Beau challenge que s'était donné Laurent Gutmann pour sa nouvelle création au Centre Dramatique Thionville Lorraine : faire une adaptation du roman culte de Malcom Lowry "Au dessous du volcan". Cette oeuvre dense, foisonnante, hallucinée, où il ne se passe finalement pas grand chose (la trame se déroule sur une douzaine d'heures) ne semblait pas se prêter à un tel travail (même si un film, relativement moyen, en a été tiré).
Pourtant, le pari est plutôt réussi. On retrouve sur scène l'ambiance particulière du livre. Ces occidentaux échoués au Mexique, perdus, déchus, essayant de se rattraper à de faux espoirs de renouveau pour ensuite mieux se déchirer et se retrouver face à leur propre impuissance. Le tout copieusement arrosé d'alcool (plutôt triste) - et en ce jour bien particulier au Mexique de la fête des morts. Les personnages sont bien rendus (j'adore en particulier le cinéaste Jacques Laruelle - tel que je l'imaginais). Le plus dur a été de placer dans un décor unique les principaux événements du livre qui se déroule dans une multitude d'endroits (y compris un voyage en bus). Mais là aussi, on peut dire que l'essentiel a été conservé.

photo : Pierre Grobois
Alors maintenant qu'on a retrouvé l'âme du livre, que peut-on dire de la pièce en elle-même (par exemple pour quelqu'un qui n'aurait pas lu le livre) ? Le début est plutôt détendu, on rit même un peu, et puis on s'enfonce petit à petit dans le cruel et la déchéance. Il y a des allusions comme dans le livre à la situation politique (ça se passe au moment de la guerre d'Espagne), réflexions qui restent souvent très actuelles (avec même des petits clins d'oeil). Les personnages mexicains (joués par des acteurs mexicains) viennent ajouter au malaise en soufflant le chaud et le froid. Le drame qui se noue avec lenteur, avec la chaleur, l'alcool, le décor, les costumes, cela me fait penser aux films américains tirés des pièces de Tenessee Williams (genre "La Chatte sur un toit brûlant" ou "Baby Doll"). On passe un bon moment, les acteurs sont excellents, et le public du Théâtre en Bois a visiblement apprécié.
Au Théatre en Bois jusqu'au vendredi 14 mars. http://www.cdtl.fr/
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04.03.2008
Thionville à l'heure mexicaine

C'est demain la première de la nouvelle création de Laurent Gutmann au Centre Dramatique Thionville Lorraine : "Je suis tombé" d'après le livre de Malcolm Lowry "Au-dessous du volcan". l'histoire se passe au Mexique, et comme l'année dernière pour la pièce "Chants d'Adieu" et le japon, des animations sont proposés autour de l'événement.

D'abord 3 films mexicains sont programmés au cinéma La Scala : 2 films récents "Les paupières bleues" d'Ersnesto Contreras et "Nicotina" de Hugo Rodriguez, ainsi qu'un film de 1960 "Macario" de Roberto Gavaldon. Petit problème, les films ne sont programmés que pour quelques séances l'après-midi (il y en a quand-même le week-end)- autant dire que très peu de gens les verront. A se demander à quoi ça sert ! C'est pour les stats ?
Et puis lundi prochain 10 mars, l'Auberge du Spectateur accueillera Laurent Gutmann (qui d'ailleurs est toujours présent lors de ces rencontres) et Ludovic Rivalan, vidéaste, qui a participé à l'élaboration de "Je suis tombé". Le thème sera "Théâtre et nouvelles technologies".
"Je suis tombé" au Théatre en Bois - du 5 au 14 mars - www.cdtl.fr
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11.02.2008
Panique - Hommes au bord de la crise de nerfs
Ce fut une bonne soirée que nous avons passé dans l'antre "historique" du "Gueulard" à Nilvange pour cette première lecture de pièces de théâtre contemporaines finlandaises (voir ici). L'exercice est le suivant : un metteur en scène se voit confier un texte (qu'il n'a pas choisi), des acteurs (qu'il n'a pas choisi non plus), et il dispose de 5 ou 6 jours de répétition pour monter une "mise en voix". Ici c'est Anne-Marguerite Leclerc qui s'y est collé, et c'était plutôt réussi.

"Panique", c'est l'histoire de trois trentenaires mal en point (au bord de la crise de nerfs), qui vont essayé de s'entraider. Petit à petit, ils vont laisser apparaître leurs faiblesses, cachées derrière leur apparence de "mâles" (un ingénieur, un présentateur de télé cynique et un graphiste). Mais c'est avant tout une comédie, et on s'amuse bien, comme dans cette scène où les trois potes confrontent leurs analyses du film "Parle avec elle" (une autre référence à Almodovar). Les acteurs jouent leur texte - ils ne se contentent pas de le lire - et sont tous les trois excellents.

On reviendra donc au "Gueulard" pour les deux prochaines pièces présentées dans le cadre de cette manifestation (le 27 mars et le 8 juin). Par contre, vous ne trouverez pas grand chose d'autre dans le programme du "Gueulard" pour cette année. L'association Pavé, basée à Nilvange, propose depuis 23 ans dans la vallée de la Fensch de nombreuses actions de fond et une programmation pointue (musique, théâtre, ...). Or, fin 2007, la convention qui la liait depuis 6 ans à la Communauté d'Agglomération du Val de Fensch et à la DRAC(Direction Régionale des Affaires Culturelles) n'a pas été renouvelée. L'association continue de toucher une subvention, mais elle voit là le signe du début d'un désengagement, alors qu'un projet de Scène de Musiques ACtuelles (SMAC) était en cours.
L'association Pavé et "Le Gueulard" en appellent donc au soutien du public en lancant une pétition sur son site internet à l'adresse suivante : http://www.association-pave.com/index.php?rub=14 . Allez-y, ce serait dommage de les voir disparaître.
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29.01.2008
Nouvelle écriture dramatique finlandaise
La finlande est le pays qui possède en proportion le plus grand nombre de foyers connectés à Internet. Mais, et cela n'est apparemment pas contradictoire, je ne savais pas que les finlandais étaient aussi de grands amateurs de théâtre, et qu'ils ont de nombreux jeunes auteurs (on y a créé 76 nouvelles pièces finlandaises l'an dernier !).
C'est à travers 3 textes récents que le Théâtre du Centaure à Luxembourg en collaboration avec la Kukturfabrik propose de découvrir cette nouvelle écriture. Des lectures ou "mises en voix" seront données en différents endroits de la grande région : Luxembourg, Esch, Arlon, Frouard,... et au Gueulard de Nilvange.
Le programme au Gueulard est le suivant :
Panique - Hommes au bord de la crise de nerfs de Mika Myllyaho - dimanche 3 février
Par amour-propre de Anna Krogerus le 27 mars
Je suis Adolf Eichmann de Jari Juutinen le 8 juin
C'est à 20h à Nilvange - Entrée 5€ - réservation sur le site ou au 03.82.85.17.44
21:00 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.01.2008
Les Aveugles

"Les Aveugles", c'est une pièce courte de Maurice Maeterlinck, écrite en 1896. Douze aveugles, la plupart âgés, sont assis, la nuit, dans une forêt, abandonnés. Ils attendent le retour de leur guide qui ne reviendra pas, et pour cause, il est là, juste à coté d'eux, mort. Le vent, le bruit de la mer, les bruissements d'ailes des oiseaux annoncent la tempête ...
Maeterlinck voulait faire du "théâtre statique", du théâtre sans acteurs. Avec la mise en scène de Bérangère Vantusso, il est servi, puisque les douze personnages sont représentés par des marionnettes très réalistes, immobiles, assises les unes en face des autres. Le texte est dit par quatre acteurs qui donnent un peu de vie aux marionnettes en les manipulant de temps en temps.
Donc, des aveugles, immobiles, la nuit, il ne se passe pas grand chose sur scène, c'est presque une lecture, on a tendance à fermer les yeux (au risque de s'assoupir !) pour mieux saisir le texte, pour se mettre à la place des aveugles. L'ambiance, déjà lugubre au début de la pièce, ne s'améliore pas, la tension monte, les personnages s'impatientent, chaque événement venant ajouter un peu à leur inquiétude. Des répliques courtes, répétitives viennent accentuer encore cette impression.
Voilà, on s'est laisser enfermer dans cet univers, envahir par un certain malaise, et on est un peu ébloui par la lumière en sortant de la salle. Un joli travail pour cette création au Centre Dramatique de Thionville (c'était la toute première représentation ce mercredi), même si l'on est un peu perturbé (surpris) par le manque d'action et par le fait que l'on a parfois du mal à savoir qui parle parmi les personnages.
C'est dans la petite salle du Théâtre Municipal, et il y a encore trois représentations cette semaine (mardi 29 à 20h, mercredi 30 à 19h, jeudi 31 à 20h).
11:25 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.01.2008
Les Ballets C. de la B.
Pour voir des spectacles de danse contemporaine, nous avons le choix entre l'Arsenal à Metz et le Grand Théâtre de la Ville de Luxembourg. Ces deux salles proposent tout au long de l'année un programme de haut niveau avec les meilleures compagnies. Et qui dit meilleures compagnies, dit compagnies belges, dont Les Ballets C. de la B. Cette troupe est celle du chorégraphe Alain Platel, Sidi Larbi Cherkaoui en a également fait partie (il passe le mois prochain à Luxembourg et au mois de mai à l'Arsenal). Et je suis un grand fanatique de tout ce qu'ils produisent !

"Import-Export", des Ballets C. de la B. donc, était présentée ce week-end au Grand Théâtre de Luxembourg dans ce qu'ils appellent le Studio - c'est à dire pas la grande salle, mais une salle assez grande quand même, avec la scène au même niveau que le premier rang, ce qui fait qu'on est très près des danseurs. C'est une pièce montée par le chorégraphe et danseur flammand Koen Augustijnen. Dès le début, on reconnait l'univers particulier de la compagnie : décor trash post-industriel, danseurs en habits (et en chaussures) de tous les jours, comme pour qu'on puisse s'identifier plus facilement à eux, des musiciens et un chanteur sur scène et qui participent à la pièce. On pourrait dire que le thème choisi est celui de la bétise humaine, comment je peux te faire mal, profiter de ta faiblesse, comment l'homme peut être un loup pour l'homme. Les corps se cognent, s'entrechoquent, sont étirés, maltraités. Le tout sur un mélange de musique baroque (sur scène) et électronique. C'est assez violent, ça prend aux tripes, heureusement il y a quelques moments où l'on s'amuse un peu, juste le temps de respirer. Tous les protagonistes se donnent à fond, et finissent par se retrouver vers la fin à danser sur de la techno, comme dans une espèce de messe moderne, mais où personne n'est dupe de l'harmonie apparemment retrouvée. C'est beau, sauvage, intelligent. Du grand spectacle.
22:05 Publié dans Musique, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.12.2007
Lire des Livres


L'Atelier de Théâtre thionvillois "Théâtre à Dire" organisait il y a quelques jours la première édition d'un nouveau rendez-vous "Lire des Livres" qui est présenté ainsi :
"Un rendez-vous proposé aux thionvillois autour d'un texte, un cheminement dans des lieux insolites, historiques, inattendus de la ville. Au bout du chemin une soirée entre mots, musique et théâtre.
Un voyage à travers un choix de textes multiples : roman, essai, théâtre, poésie ..
Lire des Livres est l'occasion pour les artistes de Théâtre à Dire de proposer une approche originale et particulière, une mise en voix et mise en espace d'un texte."
Ce premier rendez-vous avait lieu dans le site de la Tour aux Puces, dans une des salles du musée. Une atmosphère particulière, recueillie, dans un lieu chargé d'histoire. Le livre proposé "Puisque rien ne dure" de Laurence Tardieu n'est pas facile : l'histoire d'un couple qui se délite après la disparition de leur enfant unique. Les acteurs sont crispés au départ, puis on rentre petit à petit dans l'histoire. Le texte est lu avec rythme, les voix se suivent, se superposent, se répondent, créant comme une musique. On finit par vibrer au rythme de l'histoire, comme si on était en train de lire le livre chez soi et qu'on arrivait pas à le poser tant l'histoire est prenante.

Un gros travail de mise en texte, de mise en scène, de mise en musique, sous la direction de Mohamed MOUAFFIK. On peut dire que nous avons été gâtés ce soir-là, car ce premier essai était particulièrement réussi. Dommage, car la salle ne pouvait accueillir qu'une petite trentaine d'invités. Espérons qu'il y en aura d'autres - c'est prévu - et on en reparlera ici.
Contact : Cie Théâtre à Dire, 25 rue St Louis, 57100 Thionville - theatreadire@free.fr
17:50 Publié dans Livres, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.12.2007
Le Mystère de la Météorite

Un vrai bonheur sur scène : voilà ce à quoi nous avons eu droit ce soir avec la pièce de thèâtre "Le Mystère de la Météorite" écrite et mise en scène par Benoît Di Marco et Laurent Vacher. Un bonheur partagé par le public du Théatre en Bois, archi-comble, qui est reparti le sourire aux lèvres, et parfois la larme à l'oeil.
C'est une pièce d'après les écrits de Théodore Monod. Pas vraiment une pièce, plutôt une ébauche, on assiste, un peu comme l'année dernière avec "Les Egarés", à la préparation d'une pièce : ca parait un peu brouillon, on essaie, on rigole pas mal, c'est plus détendu qu'un vrai spectacle. C'est censé se passer dans le désert mauritanien où Théodore Monod passa une grande partie de sa vie à chercher une météorite géante. Le message du "fou du desert" n'est pas envahissant, il surgit, par bribes, pour nous inciter à le découvrir. Les acteurs ont un enthousiasme communicatif, la mise en scène est vivante, avec des sons, des images, des ombres chinoises, des marionettes. Et puis, il y a cette émotion quand des musiciens africains apparaissent et que la voix de la chanteuse s'éléve au milieu du public avec une voix à vous couper le souffle. J'en suis encore tout chose.
On a appris ensuite comment s'était formé le désert à la manière d'une recette de cuisine, et cela s'est terminé en musique. J'ai retenu cette citation de Monod : contre les injustices de ce monde et la bétise humaine "Le peu qu'on peut faire, le très peu qu'on peut faire, il faut le faire, pour l'honneur, mais sans illusion". Eux, ils l'ont fait, et c'était très bien.
Jusqu'à vendredi au Théâtre en Bois - www.cdtl.fr
22:25 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.11.2007
Sombrero

C'était une belle affiche le week-end dernier au Grand Théâtre de la Ville de Luxembourg. Musique (live) de Brian Eno, textes de Claude Ponti, et chorégraphie de Philippe Decouflé pour un spectacle de danse décoiffant !
Tout d'abord, on peut dire que les oeuvres de Découflé avec sa compagnie DCA sont magiques, pleines de trouvailles. Ici des jeux de lumières, jeux d'ombres, mix d'images, de sons, ... On s'échappe petit à petit de la réalité.
Ensuite, ces spectacles sont amusants, il y a toujours le mot pour rire, on ne se prend pas au sérieux. Ceci en grande partie dû à la présence de son acteur fétiche, Christophe Salengro, qui avec sa gueule et ses mimiques est un véritable plaisir à lui tout seul. Mais si, vous le connaissez, c'est le grand dadais Président de Groland !
C'est donc beau, brillant, amusant, esthétique, et pourtant je suis resté un peu sur ma faim. J'ai trouvé que cela manquait d'émotion, et au bout d'un moment, j'ai fini par m'ennuyer. Par contre, le public, très chic, du Théâtre de Luxembourg, a adoré, réservant une longue ovation à la troupe. Ca devait pas être mon jour ...
photo Laurent Philippe
21:20 Publié dans Musique, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



